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Expert et manager en métrologie, Jean-Frédéric Fuchs, diplômé de l’INSA Strasbourg en topographie en 1999, contribue aux découvertes du CERN, comme celle du Boson de Higgs, avec son habileté à aligner des composants de plusieurs tonnes au dixième de millimètre près…

Le CERN, près de Genève, est l’un des plus grands et prestigieux laboratoires scientifiques mondiaux. Il abrite notamment le LHC, l’accélérateur de particules le plus puissant au monde, d’une circonférence de 27 km à 100m sous la terre. En faisant entrer en collision les particules, les physiciens sondent les constituants fondamentaux de la matière et les lois de l’Univers. C’est en particulier au LHC que l’on doit la découverte du fameux Boson de Higgs en 2012.

Une précision extrême

Et on peut dire que Jean-Frédéric Fuchs y a contribué, puisqu’il est responsable de la métrologie et  de l’alignement, du LHC et des autres lignes de faisceaux du CERN. Au total, cela représente 60 km de lignes dans lesquelles circulent les particules. Et pour cela, il faut aligner aimants, collimateurs, instruments, détecteurs… « Ces équipements de plusieurs tonnes sont alignés au dixième de millimètre près ». Le défi que représente cette extrême précision le stimule. « Cela demande beaucoup de soin dans notre préparation et nos mesures, à chaque étape, et la prise en compte de nombreuses conditions telles que la température et l’humidité. C’est assez difficile, et c’est ce qui rend notre activité si  intéressante. Et puis l’environnement de travail est extraordinaire. Je travaille avec des personnes de tout métier, de tout pays. Quand je descends, je reste ébahi par cette immensité et complexité ».

Jean-Frédéric Fuchs coordonne une équipe d’une vingtaine de géomètres, technicien-nes et ingénieur-es, dont trois jeunes diplômé-es de l’INSA Strasbourg. Le management et la coordination représentent une grande part de son métier. Mais dès qu’il le peut, il intègre une équipe pour garder le plaisir de la mesure sur le terrain.

Actuellement débute une phase importante, où paradoxalement tout s’arrête, aucun faisceau ne circule. Pendant deux ans que dure l’arrêt technique, programmé tous les cinq ans pour la maintenance du LHC, l’équipe est chargée de tout réaligner et remesurer. « Deux ans de travail, c’est un long marathon. A l’issue du premier arrêt, en 2013-2014, nous étions épuisés ». Il a à cœur de réussir ce projet, que l’équipe reste soudée et motivée.

Du CERN à EDF

Il est entré au CERN en 1999, pour y réaliser son projet de fin d’études, en photogrammétrie numérique. « L’annonce était affichée à l’INSA, mais aucun élève n’osait répondre car cela semblait exigent et difficile ». Après six mois au Portugal sur un projet de construction d’un tunnel ferroviaire, il obtient un poste d’ingénieur en métrologie et alignement au CERN, avec un contrat de fellow réservé aux jeunes diplômés pour une durée limitée de 2 à 3 ans.

Après sept ans, Jean-Frédéric rejoint EDF à Lyon en CDI, comme chargé de projets au service topographie. Il réalise et supervise des projets en métrologie pour les centrales nucléaires françaises,  les barrages hydroélectriques dans les Alpes  (contrats avec les sous-traitants, surveillance, auscultation, …) et le projet d’EPR en Angleterre (budget, équipe, campagne de mesures…). Il revient au CERN en 2011, quand un poste s’ouvre en métrologie avec le statut de fonctionnaire européen. Après un CDD de 5 ans, il est maintenant en CDI.

Le goût du terrain

Il a étudié à l’INSA Strasbourg de 1996 à 1999, après des classes préparatoires scientifiques. Grand pilote amateur, il choisit la topographie avec l’idée d’une carrière dans la métrologie industrielle au sein d’une entreprise aéronautique. Mais sa rencontre avec le CERN en a décidé autrement. Il garde comme souvenir marquant les travaux pratiques encadrés par Jacques Ledig et Pierre Grussenmeyer, qui lui ont donné le goût du terrain. Aujourd’hui, quand il revient à Strasbourg, il aime s’arrêter devant l’école qui l’a formé.

« On a besoin de topographes »

« On a besoin de topographes et géomètres dans de nombreux secteurs industriels et grandes entreprises, comme EDF, le CERN, la SNCF, Total, Vinci… Des voies auxquelles on pense peu quand on est étudiant à l’INSA Strasbourg. Il faut prendre le temps de regarder ces débouchés car ils offrent des métiers intéressants. Nous accueillons des étudiants en stage ou en projet de fin d’études, qu’ils n’hésitent pas à nous envoyer leur CV ». L’invitation est lancée : jean-frederic.fuchs[@]cern.ch

Crédit photo : Jean-Frederic Fuchs

1 commentaire

  • Bravo pour le parcours, les colonnes du XYZ160 de septembre (40 ans de l’AFT) te sont ouvertes pour le numéro spécial de rétrospectives.

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